- Les chiffres de la campagne Nos forêts envoient du bois
- Qui porte la campagne et pourquoi maintenant
- Les objectifs : trois enjeux, un seul message
- Une diffusion pensée pour toucher largement
- Seconde vague 2026 : la continuité comme stratégie
- bois.com : le média censé donner de la substance
- Ce que les 57 millions de vues ne disent pas
- Comment suivre la suite de la campagne
Campagne « Nos forêts envoient du bois » : 57 millions de vues décryptées
Vous avez 57 millions de raisons de vous intéresser à la campagne Nos forêts envoient du bois. C’est le nombre de vues cumulées par le dispositif lancé en septembre 2025 par France Bois Forêt et le CODIFAB, avec un taux d’appréciation de 67 %. Le spot a été prolongé en 2026 par un second film diffusé à la télévision, en streaming et sur les réseaux sociaux. Le nouveau site bois.com doit servir de média de référence à la filière.
Un chiffre d’audience reste un chiffre d’audience. Il dit que le message a été vu. Il ne dit pas encore ce que le public en a retenu. Cet article détaille ce que la campagne a fait, ce que ses résultats mesurent, et ce qu’ils laissent de côté.
📌 À retenir
- Lancement : septembre 2025, par France Bois Forêt et le CODIFAB.
- Résultats : 57 millions de vues, 67 % d’appréciation.
- Prolongement : second spot en 2026 (TV, streaming, réseaux sociaux) et site bois.com.
- Angle mort : l’effet sur les perceptions et sur les comportements n’est pas chiffré dans les éléments disponibles.

Les chiffres de la campagne Nos forêts envoient du bois
Le bilan tient en deux indicateurs : 57 millions de vues et 67 % d’appréciation. Le premier mesure la portée. Le second mesure l’accueil réservé au film par ceux qui l’ont vu.
| Indicateur | Valeur | Ce qu’il mesure |
|---|---|---|
| Vues cumulées | 57 millions | Exposition au message |
| Taux d’appréciation | 67 % | Accueil du spot par l’audience |
| Lancement | Septembre 2025 | Première vague |
| Seconde vague | Juin-juillet 2026 | Prolongement du dispositif |
Sources : communication de France Bois Forêt et du CODIFAB ; Observatoire des forêts françaises, 7 octobre 2025.
Deux précisions s’imposent. Les éléments consultés ne détaillent pas la méthode de calcul des « vues ». On ignore donc la part de diffusion télévisée, de streaming et de réseaux sociaux. Ils ne précisent pas non plus qui a été interrogé pour le taux de 67 %.
Un taux d’appréciation de 67 % est un bon score pour un message institutionnel. Ce n’est pas une mesure de changement d’opinion. Les deux notions sont régulièrement confondues dans les bilans de campagne.

Qui porte la campagne et pourquoi maintenant
Le dispositif est porté par France Bois Forêt et le CODIFAB, deux structures de la filière forêt-bois. L’Observatoire des forêts françaises a relayé la campagne dès le 7 octobre 2025. Le dispositif s’inscrit dans une logique de communication collective de la filière.
France Bois Forêt n’en est pas à son coup d’essai. En 2023, l’organisation s’était associée à l’émission « Notre Forêt Demain » : sept émissions d’une heure diffusées sur C8 d’avril à décembre 2023. Elle avait même lancé une enquête de perception auprès des organisations professionnelles pour en évaluer l’écho, comme le rappelait Fibois Bretagne.
La nouveauté de 2025 tient au format et à l’ambition. On passe d’un programme long à un spot court, pensé pour un public large et pour la diffusion multi-écrans.
Les objectifs : trois enjeux, un seul message
La campagne cherche à sensibiliser le grand public aux enjeux de la filière forêt-bois. Ces enjeux se répartissent en trois familles :
- Environnementaux : gestion durable des forêts, biodiversité, stockage du carbone, contribution à la neutralité carbone et à la décarbonation.
- Économiques : une ressource locale et renouvelable, des emplois et des savoir-faire sur le territoire.
- Sociétaux : les usages du bois au quotidien (construction, chauffage, ameublement, rénovation) et leur lien avec la transition écologique.
Le titre porte l’ensemble. « Nos forêts envoient du bois » joue sur la proximité et sur la fierté d’une ressource nationale. Il reste, volontairement, plus slogan que démonstration.
C’est le travail attendu d’un spot de quelques dizaines de secondes. La pédagogie de fond est déléguée à d’autres supports, et c’est là que le site entre en jeu.
Une diffusion pensée pour toucher largement
Le spot a été diffusé sur les chaînes de France Télévisions (France 2, France 3, France 5) et sur des plateformes de streaming comme TF1+, M6+ et Prime Video. Cette combinaison vise à la fois l’audience télévisuelle traditionnelle et des publics plus jeunes, moins présents devant le poste.
En parallèle, la campagne vit sur les réseaux sociaux. Selon l’Observatoire des forêts françaises, elle devait se prolonger jusqu’en 2026 grâce à l’animation des comptes Nos forêts envoient du bois sur TikTok, Facebook et Instagram. Certains relais de la campagne citent aussi LinkedIn, plutôt tourné vers les professionnels.
Ce choix de plateformes est cohérent. TikTok et Instagram servent à faire connaître. Facebook touche un public plus large et plus âgé. LinkedIn parle aux acteurs de la filière elle-même, qui sont aussi des relais de la campagne.
Seconde vague 2026 : la continuité comme stratégie
La campagne ne s’est pas arrêtée à l’automne 2025. Un second spot a été diffusé en 2026, avec une actualité de juin-juillet, sur les mêmes types de supports : télévision, streaming et réseaux sociaux.
Cette continuité est sans doute le choix le plus judicieux du dispositif. Un message institutionnel vu une seule fois s’oublie vite. Répété, il commence à s’installer.
Le prolongement répond aussi à un risque connu. Une campagne de notoriété produit un pic d’attention, suivi d’un retour au niveau initial si elle s’arrête. En relançant avec un nouveau film, la filière entretient la mémoire du premier.
Cette dynamique s’inscrit dans un discours plus large de la filière. Sa présence au Salon de l’Agriculture, par exemple, relève de la même logique : filière forêt-bois au Salon de l’Agriculture : enjeux et engagements.
bois.com : le média censé donner de la substance
Le site bois.com, lancé en 2026, est présenté comme le média de référence de la filière. Il publie des articles et des vidéos chaque mois. Il reprend les thèmes du spot (gestion durable, usages, climat) sous une forme plus développée.
C’est la pièce la plus intéressante du dispositif, et la plus exposée. Un spot suscite la curiosité, mais seul un contenu de fond peut la satisfaire. Le site a donc un rôle précis : transformer un visionnage de quelques secondes en une information durable.
Sa réussite dépendra de deux choses. Le trafic doit venir : c’est le rôle des réseaux sociaux et du spot. Les contenus doivent être assez utiles pour qu’on y revienne, ce que seule la publication régulière permettra de vérifier.
💡 Astuce : pour juger la campagne dans la durée, regardez moins les vues du spot que la fréquentation de bois.com et l’engagement sur les comptes sociaux. Ce sont les indicateurs qui disent si le message est approfondi.
Ce que les 57 millions de vues ne disent pas
Le bilan est flatteur. Il appelle toutefois des questions que posera tout lecteur attentif :
- La période de mesure : sur quelle durée ces 57 millions de vues ont-elles été comptées ?
- La définition d’une « vue » : une impression publicitaire télévisée et une lecture complète sur TikTok n’ont pas la même valeur.
- L’échantillon du 67 % : appréciation du spot, ou adhésion au message ?
- L’effet réel : la perception de la filière a-t-elle changé ? Aucun indicateur disponible ne le dit.
Ces limites ne retirent rien à la réussite de portée. Elles rappellent seulement que la portée est la première étape d’une campagne, pas son aboutissement.
Une autre lecture s’impose aussi. Une filière qui communique aussi massivement le fait parce que son image fait débat : gestion forestière, coupes, usages énergétiques. La campagne répond à ces perceptions plus qu’elle ne les traite. L’enquête de perception de 2023 sur « Notre Forêt Demain » montre que la filière en a conscience.
La crédibilité du message se joue aussi sur le terrain. Les démarches de traçabilité, comme le label Bois de France, donnent au public des garanties concrètes que le spot ne peut pas apporter. Les rendez-vous professionnels, tels que le Carrefour international du bois 2026 à Nantes, montrent de leur côté la réalité économique que la campagne met en scène.
Comment suivre la suite de la campagne
Pour mesurer l’impact de la campagne Nos forêts envoient du bois sans vous fier aux seules vues, trois repères suffisent :
- Consultez bois.com : le rythme de publication (un article ou une vidéo par mois) est vérifiable.
- Suivez les comptes sur TikTok, Instagram et Facebook : le volume d’interactions dit plus que le nombre de vues.
- Cherchez un prochain bilan de France Bois Forêt ou du CODIFAB : s’il livre enfin des données sur l’évolution des perceptions, la campagne passera du statut de succès d’audience à celui de succès d’influence.
Le chiffre à attendre n’est donc pas un 58e million de vues. C’est la première mesure publique de ce que les Français pensent de leurs forêts après avoir vu le spot.
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