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Prix de vente des bois sur pied : ce que révèle l’indice 2025

Par gh5pg · · 8 min

Prix de vente des bois sur pied : ce que révèle l’indice 2025

Vous suivez le prix de vente des bois sur pied en forêt privée ? Le dernier indicateur annonce un recul de 4 % de l’indice général. Le prix moyen passe de 90 €/m³ à 86 €/m³. Ce chiffre est exact, mais il masque deux marchés qui ne vont pas dans le même sens.

D’un côté, les résineux (douglas, épicéa commun, pin laricio, pin sylvestre) atteignent des niveaux records. De l’autre, le chêne perd 17 %. Une moyenne qui rassemble ces deux trajectoires ne dit pas grand-chose à celui qui vend un lot précis.

Cet article décortique l’indicateur : qui le produit, comment le lire, et ce qu’il autorise ou non comme conclusion. La baisse de 2025 n’a rien d’un effondrement. Elle vient après plusieurs années de hausse, sur un marché où l’offre s’est volontairement raréfiée.


Prix de vente des bois sur pied en 2025 : les chiffres clés

L’indice général recule de 4 % en 2025, à 86 €/m³ en moyenne contre 90 €/m³ en 2024. Ces chiffres viennent de l’analyse de Gilles Cardot, directeur de la gestion d’actifs à La Forestière, publiée sur le blog des experts du Groupe Caisse des Dépôts.

Indicateur Valeur Lecture
Indice général 2025 −4 % Recul après +7 % en 2024
Prix moyen 2025 86 €/m³ Contre 90 €/m³ un an plus tôt
Volumes commercialisés 1,2 million de m³ Offre limitée par les propriétaires
Résineux (toutes essences) +8 %, 69 €/m³ Progression poursuivie
Chêne −17 %, 190 €/m³ Principal contre-exemple
Repère historique > 80 €/m³ Contre environ 60 €/m³ avant la période post-Covid

Source : analyse de l’indicateur par La Forestière (Groupe Caisse des Dépôts).

📌 À retenir : le marché se normalise après une progression de 46 % depuis 2020. Le prix moyen reste au-dessus du seuil de 80 €/m³, alors qu’il tournait autour de 60 €/m³ avant la période post-Covid.

D’où vient l’indicateur du prix de vente des bois sur pied ?

L’indicateur est né d’une initiative de la profession elle-même. Il est produit dans le cadre de l’Observatoire économique de France Bois Forêt, créé en 2009 par l’interprofession nationale. Sa mission : concevoir des indicateurs lisibles pour que chaque acteur de la filière puisse suivre le marché.

Trois structures ont eu l’idée de mesurer ce que rapporte réellement un arbre debout :

  • l’ASFFOR (Association des sociétés et groupements fonciers et forestiers) ;
  • les Experts Forestiers de France (EFF) ;
  • la Société Forestière, filiale de la Caisse des Dépôts, aujourd’hui désignée sous le nom de La Forestière.

Le périmètre est la forêt privée, loin des forêts publiques gérées par l’ONF. L’indicateur comporte un indice général et des indices par grandes essences et produits commercialisés.

Définition : bois sur pied. Il s’agit du bois vendu avant abattage, l’acheteur se chargeant de l’exploitation. Le prix qui en résulte est donc celui que perçoit le propriétaire, et non celui de la planche ou de la grume livrée.

Une méthode éprouvée, une ambition précise

La première édition date de 2013. La troisième, publiée en 2018, présentait les résultats de 2015 sur des volumes plus étoffés. Elle suivait alors une douzaine d’essences, comme l’expliquait Éric Toppan, coordinateur de l’Observatoire économique : chêne, hêtre, peuplier, châtaignier, douglas et certaines catégories de pins.

Le public visé est large : sylviculteurs particuliers, investisseurs institutionnels, gestionnaires et professionnels de l’amont comme de l’aval. L’objectif affiché est d’offrir une référence annuelle pour comprendre les mécanismes d’évolution des cours. L’indicateur sert aussi à mesurer la performance de l’investissement forestier.

💡 Astuce : la numérotation prête à confusion. L’« indicateur 2025 » publié en 2025 retrace les ventes de 2024 (+7 %, 90 €/m³). Celui que La Forestière qualifie d’« indicateur 2026 » analyse les ventes de 2025 (−4 %, 86 €/m³). Vérifiez toujours l’année de vente concernée avant de comparer deux chiffres.

Résineux en hausse, feuillus en repli : deux marchés

La moyenne de 86 €/m³ cache une fracture. Les résineux tirent le marché, tandis que le chêne, essence noble par excellence, plie.

Douglas, épicéa et pins : des records

L’indice « toutes essences résineuses » progresse de 8 %, avec un prix moyen de 69 €/m³. Le douglas, l’épicéa commun, le pin laricio et le pin sylvestre atteignent des niveaux records.

L’explication avancée par l’analyse de La Forestière tient en deux points : une demande soutenue des scieries et des tensions sur la ressource en Europe. Autrement dit, ceux qui transforment le bois se disputent une matière qui se raréfie.

Cette dynamique ne date pas de 2025. L’année précédente, le douglas, le peuplier et le pin maritime affichaient déjà des hausses significatives, tandis que les autres grandes essences restaient stables.

Le chêne : −17 % à 190 €/m³

Le chêne recule de 17 %, à 190 €/m³. Le prix reste très supérieur à celui des résineux, mais la chute est nette. L’analyse de La Forestière l’attribue notamment au ralentissement d’un de ses marchés de débouché. L’extrait consulté est tronqué à cet endroit, et nous ne l’extrapolerons pas.

Cette divergence rappelle une évidence que les moyennes font oublier. Un propriétaire de chênaie et un propriétaire de douglas ne vivent pas la même année, même s’ils lisent le même indice.

Une normalisation plutôt qu’un retournement

La Forestière parle de « respiration du marché ». Le terme est prudent, mais les chiffres le soutiennent. Après +46 % depuis 2020 et +7 % en 2024, un repli de 4 % ramène le prix moyen à 86 €/m³. Le record de 2022 était de 94 €/m³.

Des volumes retenus, un signal à ne pas manquer

Le chiffre le plus instructif n’est pas le prix mais la quantité : seulement 1,2 million de m³ commercialisés en 2025. En 2024, l’offre était déjà tombée à 1,3 million de m³, son plus bas niveau depuis dix ans, notamment pour les résineux et le chêne. Les conditions climatiques difficiles de cette année-là y avaient contribué.

Dans un contexte économique incertain, les propriétaires ont donc choisi d’attendre plutôt que de vendre à n’importe quel prix. Ce comportement rationnel soutient les cours : quand l’offre se tarit, les prix tiennent.

Le revers existe aussi. Un indice calculé sur un volume restreint décrit les lots effectivement vendus, qui ne sont pas forcément représentatifs de l’ensemble de la ressource. Un marché fluide et un marché de rétention n’ont pas la même valeur statistique.

⚠️ Attention : on cite souvent la reprise de la construction, la demande internationale ou les droits de douane américains pour expliquer ces évolutions. Les extraits de sources que nous avons consultés ne les chiffrent pas. Reportez-vous à la publication complète avant d’attribuer une variation précise à l’un de ces facteurs. Sur la dimension export, notre analyse sur FrenchTimber et les exportations de bois français en 2025 apporte un éclairage complémentaire.

Utiliser l’indice pour vendre ou acheter ses bois

L’indicateur ne fixe aucun prix. Il situe une vente dans un marché. Ses concepteurs le précisent eux-mêmes : comparer des lots entre eux exige de prendre « toutes les mesures de correction nécessaires ».

Quelques réflexes à adopter :

  • Comparer à l’essence, jamais à la moyenne générale. 86 €/m³ ne dit rien d’une parcelle de chêne à 190 €/m³ ou de résineux à 69 €/m³.
  • Tenir compte des caractéristiques du lot : qualité, diamètre, élagage et accessibilité de la parcelle (débardage) pèsent sur le prix.
  • Faire appel à un expert ou technicien forestier pour ajuster la comparaison.
  • Envisager les ventes groupées, que proposent notamment les EFF, pour mutualiser des volumes.

« Une douzaine d’essences font aujourd’hui l’objet d’un suivi. » — Éric Toppan, coordinateur de l’Observatoire économique de France Bois Forêt (édition 2018)

Les observatoires régionaux, comme celui des Hauts-de-France, ou les plateformes de vente complètent ce tableau national par des données locales.

Questions fréquentes sur le prix de vente des bois sur pied

Quel est le prix moyen des bois sur pied en forêt privée en 2025 ?

Le prix moyen s’établit à 86 €/m³ en 2025, contre 90 €/m³ en 2024, soit un recul de 4 % de l’indice général.

Pourquoi le chêne baisse-t-il alors que les résineux montent ?

Le chêne perd 17 % (190 €/m³), notamment en raison du ralentissement d’un de ses marchés. Les résineux profitent d’une demande soutenue des scieries et de tensions sur la ressource en Europe.

Qui produit l’indicateur ?

La Forestière, l’ASFFOR Investisseurs et les Experts Forestiers de France le produisent dans le cadre de l’Observatoire économique de France Bois Forêt.

La baisse de 2025 signale-t-elle un retournement ?

Non, selon l’analyse de La Forestière : il s’agit d’une phase de normalisation. Les prix restent nettement supérieurs aux niveaux d’avant 2020.

Le repère à garder en tête

Un prix moyen de 86 €/m³ contre environ 60 €/m³ avant la période post-Covid : c’est l’écart qui compte, bien plus que les 4 % perdus en 2025. Avant votre prochaine vente, relevez l’indice de votre essence et confrontez-le à l’estimation de votre expert. Cet écart vous dira si votre lot se vend au prix du marché.

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